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Les produits pour bébé sont-ils dangereux ?

Arguments et contre-arguments

Un article Ouest-France :

Publié le 14/02/2016 à 19:42

Women in Europe for a Common Future (WECF) a passé au crible 341 produits cosmétiques pour bébés en juillet et août 2015, vendus en France.

341 produits pour bébés ont été passés au crible par une ONG. Selon elle, lotions, laits et autres lingettes contiennent trop de substances potentiellement dangereuses.

Les shampoings, lotions, laits nettoyants, lingettes et autres cosmétiques utilisés au quotidien pour les bébés comportent encore trop de substances chimiques potentiellement dangereuses ou allergènes, déplore l’ONG WECF dans une étude à paraître lundi.

Women in Europe for a Common Future (WECF) a passé au crible 341 produits cosmétiques pour bébés en juillet et août 2015, vendus en France dans les pharmacies, parapharmacies, supermarchés, mais aussi les magasins biologiques. Sur la base des études scientifiques et des évaluations des autorités sanitaires de l’Union européenne (comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, SCCS) et française (Agence nationale de sécurité du médicament, ANSM), cette ONG a classé les ingrédients qui composent ces produits selon trois catégories: « risque élevé »,« risque modéré » et « risque faible ou non identifié ».

Ingrédients à « risque élevé »

Les résultats de cette enquête montrent qu’une large majorité de produits, 299 sur 341, sont composés d’ingrédients à « risque élevé ». On retrouve en effet un allergène par contact (la méthylisothiazolinone ou MIT) dans 19 produits, dont sept lingettes, un conservateur soupçonné d’effets toxiques sur la reproduction (le phénoxyéthanol) dans 54 produits, dont 26 lingettes, ainsi que des parfums dans 226 produits, « impliquant des risques potentiels d’allergies », s’inquiète WECF.

Dès décembre 2012, la Société française de dermatologie avait révélé que le MIT, conservateur très largement utilisé dans les cosmétiques en remplacement des parabens (eux-mêmes accusés d’être des perturbateurs endocriniens), entraînait un nombre croissant d’irritations et d’eczémas.

En septembre 2014, Bruxelles avait d’ailleurs imposé de réduire son usage sans toutefois l’interdire. Finalement, « seul le liniment ne présente aucune substance à risque élevé », a commenté Elisabeth Ruffinengo, responsable projets santé-environnement de WECF.

Les résultats de cette enquête montrent qu'une large majorité de produits, 299 sur 341, sont composés d'ingrédients à « risque élevé ».Les résultats de cette enquête montrent qu’une large majorité de produits, 299 sur 341, sont composés d’ingrédients à « risque élevé ».

Des sulfates dans 50 produits

L’ONG a en outre retrouvé quatre ingrédients ou familles d’ingrédients classés à « risque modéré » dans 181 produits: l’EDTA, un composé très présent dans les produits moussants (shampoings et bains), des sulfates (laureth et lauryl sulfate), qui sont des agents moussants potentiellement irritants, ainsi que des huiles minérales, issues de la chimie du pétrole, pouvant être contaminées par des impuretés et des nanoparticules, « dont les effets sont encore mal évalués ».

L’EDTA a été retrouvé dans 87 produits, dont 30 lingettes; les sulfates dans 50 produits, en grande majorité des produits pour le bain et des shampoings; les huiles minérales dans 30 produits, majoritairement des crèmes et lotions; enfin, les nanoparticules, dans 14 produits solaires.

La peau du bébé particulièrement fragile

WECF, qui repose sur un réseau de 150 organisations environnementales et féminines présentes dans 50 pays, demande « l’interdiction des trois ingrédients à risque élevé dans tous les cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois ans ».

« On a été très surpris par l’omniprésence de parfums dans la quasi-totalité des produits », alors que cet ingrédient, totalement superflu, peut causer des allergies par contact, a souligné Mme Ruffinengo. « Il y a eu certes des progrès réalisés » dans la composition des cosmétiques pour bébés, a-t-elle ajouté. « Mais le principe de précaution voudrait qu’on n’utilise pas des substances dont on sait qu’elles sont potentiellement dangereuses », a-t-elle observé.

Car la peau du bébé et du jeune enfant est particulièrement fragile. « Son pH est neutre durant les premières semaines et elle n’est pas encore protégée par le film hydrolipidique qui met les cellules à l’abri des influences extérieures. Elle est aussi plus perméable que celle de l’adulte, car les cellules de l’épiderme ne sont pas encore suffisamment soudées les unes aux autres », explique l’ONG.

Les fesses du bébé exposées

En outre, chez le bébé, la zone du siège, souvent humide et chaude, est particulièrement sensible« car elle favorise l’absorption des substances par voie cutanée ». Or, l’étude montre que les ingrédients incriminés se retrouvent très souvent dans les lingettes. « C’est très inquiétant. Les lingettes sont très utilisées car elles sont pratiques, sans rinçage, transportables partout », a relevé Mme Ruffinengo.
En octobre 2013, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir avait passé au ban d’essai 27 lingettes pour bébés et avait constaté que 94 % des lingettes testées pourraient être nocives. L’ANSM avait elle-même recommandé en 2012, « à titre de précaution », de ne pas utiliser des lingettes pour bébés contenant du phénoxyéthanol, ce même conservateur classé à risque élevé par WECF.

Un docteur répond dans 20 minutes :

Cosmétiques pour bébés: Des risques «potentiels, mais pas avérés» pour la santé

INTERVIEW Le dermatologue Emmanuel Mahé réagit à la publication d’une étude sur les dangers des lingettes, shampoings, lotions et autres cosmétiques pour bébés…

Illustration : un bébé prend son bain.

Propos recueillis par Laure Cometti

Publié le 15.02.2016 à 19:22

Utilisés au quotidien, les shampoings, lotions, laits nettoyants, lingettes et autres cosmétiques pour bébés comporteraient un risque pour leur santé, selon une étude publiée ce lundi par l’organisation Women in Europe for a Common Future (WECF). Cette enquête, réalisée sur 341 produits, incrimine des substances aux noms complexes et effrayantscomme le phénoxyéthanol, le methylisothiazolinone ou le lauryl sulfate. Mais quels sont les risques concrets pour la santé des tout-petits ? 20 Minutes a interrogé le docteurEmmanuel Mahé, chef du service de dermatologie du centre hospitalier Victor Dupouy à Argenteuil (Val-d’Oise), spécialisé en dermato-pédiatrie.

Que pensez-vous des conclusions de cette étude ?

L’étude est très intéressante mais il faut relativiser l’impact sanitaire réel de ces produits. Les faits pointés par l’étude sont alarmants, mais en pratique on n’observe pas à ce jour d’explosion des cas d’intolérance dermatologique chez les bébés. Il ne faut pas trop spéculer car aujourd’hui on n’observe pas d’impact sanitaire de ces substances même s’il y a un risque potentiel. Certes, certains allergènes peuvent sensibiliser précocement l’enfant, mais les cas d’allergies de contact chez les jeunes enfants (jusqu’à deux ans) restent rares.

Concrètement, quels dangers sanitaires représentent les produits cosmétiques pour les bébés ?

Il y a un risque potentiel mais pas encore avéré. Par exemple, pour le lauryl sulfate, s’il est dosé dans des proportions minimes, il ne comporte pas de risque majeur pour les bébés à peau saine. Leur épiderme empêche que les substances passent dans le sang. Quant au phénoxyéthanol, son impact sur la reproduction n’est pas avéré chez l’homme. Il revient aux autorités sanitaires de fixer des dosages et des réglementations adéquats. On n’a pas encore de résultats cliniques qui permettraient d’établir un lien entre l’exposition à ces substances et l’augmentation des cas d’allergies.

Dans le doute, faut-il appliquer le principe de précaution et bannir lingettes, lotions et autres laits pour bébés ?

Le principe de précaution n’est pas toujours la solution. En revanche, la plupart des produits cosmétiques pour bébés sont utilisés par les parents uniquement à des fins de confort. Ils n’ont aucune utilité pour l’hygiène des tout-petits. Il vaut mieux laver le derrière des bébés avec de l’eau et du savon qu’avec des lingettes qui favorisent l’érythème fessier. Bien sûr, on peut en utiliser lorsque l’on est en déplacement, c’est pratique, mais cela ne peut pas être systématique. Idem pour les eaux nettoyantes : mieux vaut utiliser l’eau du robinet. Quant aux huiles essentielles, elles ne servent à rien chez l’enfant. Concernant les produits solaires, c’est une aberration puisqu’il ne faut pas exposer l’enfant au soleil avant trois ans.

Rapport Cosmétiques pour Bébés Wecf

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