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Ils font repousser des organes… par hasard !

Regénération spontanée.

PoumonVoilà ce qu’il s’est passé. La prothèse faite à partir d’un morceau d’artère s’est transformée. Quand le chirurgien a enlevé le grillage métallique, une bronche toute neuve avait repoussé à sa place. « On a observé une nouvelle bronche… Elle s’est régénérée. » Didier se croyait condamné. Aujourd’hui, il recommence une nouvelle vie.

Ce texte est extrait de l’émission « Complément d’enquête : Docteur trompe-la-mort » (pour la vidéo), dont l’intégralité du texte est ici.

Le site Futura-sciences nous en dit plus :

Une aorte transformée en bronche

Il s’agit plus précisément d’un morceau d’artère au diamètre particulièrement large (l’aorte), obtenue auprès d’une banque de tissus où les organes biologiques sont préservés par cryoconservation, à l’image des banques de cellules souches ou germinales. Pour maintenir une certaine solidité afin d’éviter que la structure ne s’écrase sur elle-même et n’empêche la bonne circulation de l’air une fois greffée sur le patient, un stent métallique interne a été installé dans cette bronche artificielle. Vue l’origine du tissu biologique, le patient n’est pas contraint de suivre un traitement antirejet, contrindiqué chez les malades de cancer.

Malgré quelques difficultés postopératoires (arythmie supraventriculaire, œdème pulmonaire, affaissement des alvéoles pulmonaires du lobe droit et une colonisation bactérienne), l’intervention a mené à un résultat qui semble satisfaire les médecins. Plus d’un an après la greffe, toutes les analyses s’accordent à dire que le lobe pulmonaire survivant joue son rôle respiratoire. La bronche greffée elle-même ne montre aucun signe de complication suite à son séjour à très basses températures.

Ces résultats positifs, publiés dans la revue scientifique The Annals of Thoracic Surgery, donnent de l’espoir à tous les malades du cancer du poumon, mais doivent cependant être confirmés prochainement sur une vingtaine ou une trentaine de patients. Une conférence de presse est prévue cet après-midi à l’hôpital Avicenne à Bobigny, en présence des chirurgiens à l’origine de cette avancée médicale : Emmanuel Martinod, Dominique Valeyre (chef du pôle hémato-oncothorax) et Alain Carpentier (père du cœur artificiel).

Et donc Complément d’enquête  de poursuivre :

Faire repousser des bronches, des trachées, des oreilles et peut-être bientôt des reins, des coeurs ou des poumons.

Ce n’est plus de la science-fiction. Cela s’appelle la médecine régénérative. A la base de ces techniques prometteuses, des cellules souches capables de se transformer et de reconstruire n’importe quelle partie du corps. En Pologne, des médecins viennent de réparer la colonne vertébrale d’un homme paralysé et l’ont fait remarcher. Ces magiciens de la médecine sont une poignée. Certains repoussent les limites, quitte à créer la polémique, comme Paolo Macchiarini. Il a réalisé la 1re greffe de trachée contenant des cellules souches. Depuis, il multiplie les opérations sur des cas souches. Depuis, il multiplié Iés opérations sur des cas désespérés. Ce pionnier est aussi critiqué pour son manque de transparence et sa tentation de brûler parfois les étapes.

Et l’interview :

Nicolas Poincaré : Voilà pour ce reportage étonnant. Nous sommes dans le musée de la faculté de médecine de Paris avec, dans les vitrines, des instruments de torture qui datent d’avant l’anesthésie. On se retrouve avec vous, Laurent Alexandre . Vous êtes chirurgien et énarque, diplômé d’HEC. Vous venez de voir avec nous ce reportage. Cette trachée toute neuve, ce petit coeur de rat qui redémarre, c’est ça, l’avenir de la médecine ?

Laurent Alexandre : C’est une partie de la médecine. C’est l’une des grandes pistes d’avenir pour augmenter l’espérance de vie et faire reculer la maladie.

Nicolas Poincaré : Augmenter l’espérance de vie jusqu’à combien

Laurent Alexandre : L’espérance de vie va augmenter continuellement au cours du XXIe siècle grâce aux nanotechnologies. Il est probable qu’il y ait déjà des gens qui vont vivre beaucoup plus longtemps que nous grâce aux progrès fantastiques des nanotechnologies.

Nicolas Poincaré : Par conséquent, c’est presque sans limite, car plus on avance, plus on vivra vieux.

Laurent Alexandre : Un bébé qui naît aujourd’hui n’aura que 86 ans en 2100. Il va bénéficier des progrès technologiques du XXle siècle. Il est possible qu’il ait déjà une espérance de vie de plusieurs siècles.

Nicolas Poincaré : Vous avez même avancé le chiffre de 1.000 ans. L’essentiel des progrès à venir, pour vous, ce sont sans doute les nanotechnologies. « Nano », ça veut dire tout petit.

Laurent Alexandre : Oui. C’est la possibilité de mettre des petits capteurs à l’échelle du milliardième de mètre. Ça permet de modifier le fonctionnement de nos cellules. On peut ainsi faire une médecine à l’échelle de l’infiniment petit.

Nicolas Poincaré : On va injecter des petites particules.

Laurent Alexandre : Des milliards de petites particules qui vont analyser le fonctionnement de nos cellules. On va pouvoir dépister 10 ans ou 15 ans avant la médecine traditionnelle les maladies dont nous allons souffrir dans le futur et nous en prémunir.

Nicolas Poincaré : Par exemple, le cancer ?

Laurent Alexandre : Oui, mais aussi les maladies neurodégénératives. Le but du dépistage précoce du cancer, c’est de pouvoir le détecter au moment où il n’y a que des milliers de cellules cancéreuses.

Nicolas Poincaré : Dans « La défaite du cancer », vous dites que le cancer sera une maladie maitrisée dans quelques années ?

Laurent Alexandre : Aujourd’hui, quand on a un sida, on a une espérance de vie presque normale. On aura la même chose pour un cancer. A l’horizon 2030, on ne mourra plus du cancer. On aura une médecine personnalisée.

Nicolas Poincaré : Vous racontez l’histoire de ceux que vous appelez les héros du cancer. Tous ceux qui ont lutté contre cette maladie. Vous dites que ce ne sont pas des médecins, c’est M. Microsoft, M. Google…

Laurent Alexandre : Il n’y aurait pas de cancérologie moderne sans la puissance informatique. La biologie, la génétique, cela représente 20.000 milliards d’informations. Les algorithmes, les systèmes experts vont prendre une place de plus en plus importante. Dans le futur, le médecin sera accompagné par le système informatique.

Nicolas Poincaré : Vous avez été l’un des 1ers à nous parler de cette perspective de vivre peut-être jusqu’à 500 ans. L’idée est quand même de vivre longtemps et en bonne santé. On peut espérer, après-demain, vivre jusqu’à 130 ans en pleine forme ?

Laurent Alexandre : Le but de la médecine régénérative et génétique n’est pas de vivre 60 ans correctement et de passer 5 siècles en étant gâteux avec la maladie d’Alzheimer. Le but est de vivre en bonne santé.

Nicolas Poincaré : Merci. Je rappelle « La mort de la mort « , votre 1er succès. Et maintenant, « La défaite du cancer ».

Miam !

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