A beginning…

Is a very delicate time.

Moment cultissime, n’est-il pas ? Un vrai régal.

Je me souviens. A l’époque, le film venait de sortir. On était Dimanche. Il y avait une grande réunion de famille, mais mon frère, qui avait lu tout le cycle de Frank Herbert  – en quelques jours comme il sait si incroyablement le faire ! – (Dune, le Messie, les enfants, l’empereur-Dieu, les hérétiques) voulait absolument le voir. Alors, comme je me nourrissais de toute sa culture tel un rémora, une ombre, ou un copieur voulant devenir comme l’original, je le suivais dans ce qui devait normalement être une idée formidable !

Et là, le choc.

Je me souviens être rentré… choqué ! Je ne comprenais pas ce qui venait de m’arriver. Je me souviens qu’en rentrant, tout le monde nous a demandé si c’était bien… Alors que mon frère lui aussi était bouleversé… mais dans le bon sens, moi, je ne savais pas quoi répondre tellement j’avais l’impression d’avoir vu… une extraordinaire… daube ! Une daube… daubesque ! Jamais vu un film aussi nul, raté, présomptueux !

Du haut des mes grands désirs de faire du cinéma fantastique mon métier, et plus particulièrement des effets spéciaux, j’avais trois indices :

  • Un film réalisé par David Lynch : donc, un film uniquement pour ceux qui se regardent le nombril, les bobos, les dandys, ceux qui se complaisent dans comprendre l’incompréhensible, expliquer ce qui ne demande pas d’explications,
  • Une production De Laurentiis : donc, une production de daube, comme tous les Laurentiis, comme toutes les productions que personne ne veut et qui retombe chez Laurentiis (« Bon, puisque personne n’en veut, on va aller voir De Laurentiis ! Lui, il prend tout de toute façon, même ce qui n’est pas à prendre ! »)
  • Des effets spéciaux de Carlo Rambaldi : mon domaine, ma partie, ce qui m’est cher… Baclé par le plus nul des faiseurs d’effets spéciaux. Des vers… ridicules, risibles… Evidemment fait par Rambaldi.

Tout était concomitant pour me prouver que j’avais raison !

Et je ne comprenais pas ce qui venait de m’arriver ! Cet outrage visuel que venait de me faire subir mon frère ! Que venait-il de me faire ???

Lui, mon idole culturelle, un dieu intellectuel à mes yeux ! Comment cela se faisait-il ??? Pourquoi m’avait-il fait ça ??? Et lui qui était tellement content de ce qu’il venait de faire ? Pourquoi ? Et qui était-il vraiment au final ?

Car 2 possibilités : soit il avait raison (encore ?) et c’était moi qui n’avais rien compris, et donc c’était moi le crétin de l’histoire, soit il avait tort (c’était vraiment une daube !), et donc il n’était pas le dieu culturel pour qui je le prenais, et donc je me trompais et donc j’étais un crétin.

Au final, dans l’un ou l’autre cas (either way), j’avais cette révélation : je suis un crétin.

Sauf qu’à sa sortie, ce film a fait un véritable bide, tellement tout le monde trouvait que c’était une daube, tellement tout le monde trouvait que le film était raté par rapport à l’oeuvre de Frank Herbert.

La majorité étant de mon avis, j’avais donc raison. Et c’était mon frère le crétin.

Le temps a finalement livré toutes les réponses à ces mystères !

Ce film était et est un film culte. Un film à voir. Un film à ne pas râter. Une culture à avoir. David Lynch a fait Mulholland Drive depuis qui explique tout son génie. Bon, par contre, tout reste vrai pour Laurentiis et Rambaldi ! 🙂

Et mon frère avait raison. C’était une sorte de devoir (inconscient) pour lui de m’emmener voir ce film. Un film qu’on ne peut pas comprendre si on n’a pas, au préalable, appréhendé l’oeuvre cultissime de Frank Herbert.

Aujourd’hui, tout est clair : j’ai été peut-être un crétin de penser celà à l’époque, mais j’avais une excuse : je n’avais pas été converti au Herbertisme en avant-propos, je n’étais pas dans le « trip herbetiste » à ce moment-là.

Mon frère avait d’ailleurs essayé de m’expliquer à l’époque : à la fin de l’oeuvre (les livres), il y a un glossaire de 150 mots pour expliquer le vocabulaire. CQFD. Je crois, a posteriori, que David Lynch aurait dû faire comme Kubrick avec  « 2001 » : faire une demi-heure de noir absolu avant le film pour s’imprégner de l’esprit du choc que l’on allait avoir.

Aujourd’hui, il est bien évident que j’ai ce film en DVD ! Mais je n’ai pas encore (toujours ?) ce talent d’avoir lu la saga culte.

Un film culte donc, à voir et à revoir. A réciter même !

Et donc faisons-le : récitons, révisons :

A beginning is a very delicate time. Know then that it is the year 10,191. The Known Universe is ruled by the Padishah Emperor Shaddam IV, my father. In this time, the most precious substance in the universe is the spice Melange. The spice extends life. The spice expands consciousness. The spice is vital to space travel. The Spacing Guild and its navigators, who the spice has mutated over 4,000 years, use the orange spice gas, which gives them the ability to fold space. That is, travel to any part of universe without moving.
Oh, yes. I forgot to tell you — the spice exists on only one planet in the entire universe. A desolate, dry planet with vast deserts. Hidden away within the rocks of these deserts are a people known as the Fremen, who have long held a prophecy that a man would come, a messiah who would lead them to true freedom. The planet is Arrakis, also known as Dune.
Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême. Sachez donc que l’on est en l’an 10 191. L’univers connu est gouverné par l’empereur padishah Shaddam IV, mon père. A cette époque, la plus précieuse substance de l’univers est l’Épice, le Mélange. L’Épice accroît la longévité. L’Épice amplifie le champ de conscience. L’Épice est vitale au voyage dans l’espace. L’Épice a fait des navigateurs de la Guilde spatiale des mutants après quatre mille ans d’usage, car ils absorbent le gaz orange qui leur donne le pouvoir de replier l’espace, c’est-à-dire de se transporter n’importe où dans l’univers sans se déplacer. Ah oui ! J’oubliais de vous dire… L’Épice n’existe que sur une seule planète dans tout l’univers. Désolée, aride, cette planète possède de vastes déserts. Caché dans les cavernes et les rochers de ces déserts vit un peuple connu sous le nom de Fremen, qui depuis longtemps prophétise la venue d’un homme, d’un messie, qui les conduirait vers la véritable liberté. Cette planète, c’est Arrakis, connue aussi sous le nom de Dune.

Et le moment culte en vidéo, en guise d’apéritif, pour se mettre l’eau à la bouche :

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  1. Houba
    30/03/2015 à 23:32

    Excuse-moi et crois moi je n’ai rien d’un génie. Et je suis très heureux d’avoir mon frère que j’adore. Merci tiot du fond du coeur.

    • 31/03/2015 à 00:05

      Que tu sois un génie ou pas, il ne se passe pas un moment où j’écoute un morceau, où je regarde un film, où je regarde des livres en pensant que tout celà c’est toi qui me l’as inculqué.
      Mon premier album de Madonna, c’est toi. Mon premier ordinateur (et mon second 😉 ), c’est toi.
      Tout ce qui fait la richesse de ma culture, c’est toi.
      Pas étonnant après ça qu’il y ait des 19.71 qui tombent…

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