Benoîtement ?

De la belle ouvrage.

Benoit Duquesne

Benoît Duquesne, ici en compagnie d’Harry Roselmack, avait débuté à la rédaction de Roubaix de la Voix du Nord comme stagiaire d’été… PHOTO AFP

En hommage à la mort brutale du journaliste Benoît Duquesne, un ancien journaliste de Nord Eclair se souvient…

Attention, certains passages peuvent faire mal aux yeux de par les mots et le style devenus peut-être un peu désuets mais tellement agréables à relire (en ce qui me concerne). J’en ai mis certains en gras :

Un ancien journaliste se souvient de Benoît Duquesne, stagiaire d’été à la Voix du Nord de Roubaix…

Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 06/07/2014

PAR JOËL COTTRANT, ancien journaliste de Nord éclair

Né à Roubaix d’une famille wasquehalienne, Benoît Duquesne, décédé vendredi à 56 ans, avait effectué ses premières armes dans la rédaction de la Voix du Nord à Roubaix… Un ancien journaliste de Nord éclair raconte un épisode particulièrement marquant et lui rend hommage.

« Mais, Monsieur le maire, je vous emm…» Le maire PS de Roubaix, Pierre Prouvost, demeura… pétrifié. Comment un petit stagiaire d’été de la Voix du Nord qui avait commis un article consacré à la grogne des employés de la Ville, article qui n’avait pas eu l’heur de seoir au premier magistrat de la ville pouvait-il lui tenir tête et commettre un tel outrage, qui plus est en public ? Crime de lèse-majesté ! C’était au début des années 80.

Lors d’une visite officielle autant qu’estivale du centre aéré du Pont-Rouge avec le ban et l’arrière-ban de la municipalité et la fine fleur des services municipaux décidés à faire bonne figure, les cantinières mécontentes se payèrent, en bon ordre derrière une banderole, un tour d’honneur du vélodrome devant les yeux interloqués des dirigeants de la ville et le regard amusé du stagiaire de la Voix du Nord.

« T’avais raison Benoît mais t’as fait fort.» Ce jour-là, Benoît Duquesne nous a concédé qu’il s’était peut-être laissé entraîner par sa colère, par sa jeunesse et par les mots. On l’a rassuré : c’est bon, quelquefois, de se mettre en pétard. Mais c’est un luxe que ne peuvent se permettre que les stagiaires d’été. Quand on est journaliste titulaire, tout en se réclamant de l’intangible liberté d’expression, on ne peut négliger la vindicte et les humeurs des satrapes locaux même si celles-ci, dans le meilleur des cas, sont passées de mode au terme de six petites années.

Difficile de déterminer si le stage d’été de Benoît Duquesne lui a été profitable. Beaucoup de temps a passé. Depuis, on l’a vu poursuivre à moto de façon spectaculaire la voiture de Jacques Chirac un soir d’élection présidentielle, intervenir à l’écran sur les sujets les plus divers, présenter de nombreux JT, interviewer les personnalités les plus variées. La dernière en date était Bernard-Henri Lévy. Jeudi soir, les questions posées par Duquesne au philosophe en chemise blanche n’étaient en rien… benoîtes. Bien que blanchi sous le harnais, l’un des journalistes les plus adulés du PAF avait gardé son côté « stagiaire d’été ».

Benoît Duquesne, issu d’une famille wasquehalienne, était né à Roubaix… Il y a aussi des gens bien qui ont vu le jour dans cette ville.

Benoît Duquesne est décédé vendredi d’une crise cardiaque. Il avait 56 ans.

Deux grandes leçons de journalisme : la forme et le fond.

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