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Léonarda : la contre-actualité

Un exemple typique du « Trop d’information tue l’information »

Léonarda-Marianne

République française

Une surcharge médiatique au bord de la saturation, un emballement citoyen démesuré, un gouvernement qui réagit dans l’urgence et dans tous les sens. Pourquoi Léonarda ainsi que sa famille devait-elle partir de France ? Un point sur le rapport remis par le gouvernement.

Ce rapport « sur les modalités d’éloignement de Leonarda Dibrani » est disponible sur le site du ministère de l’intérieur.

Outre les conditions de cette interpellation, on y trouve les raisons de celle-ci (« 2.2 Concernant le refus d’admettre exceptionnellement au séjour de M. Resat Dibrani« ) :

Le préfet du Doubs a refusé la demande d’admission exceptionnelle au séjour de M. DIBRANI et lui a signifié une obligation de quitter le territoire le 19 juin 2013. La durée de résidence en France de M. DIBRANI, entré irrégulièrement sur le territoire le 26 janvier 2009, ainsi que la durée de scolarisation des enfants auraient pu conduire le préfet à accorder, à titre dérogatoire, une autorisation provisoire de séjour.

Il ne l’a pas fait, considérant que le comportement général de l’intéressé ne dénotait pas «une réelle volonté de s’intégrer à la société française». Il s’appuyait notamment, pour l’affirmer, sur les faits suivants :

  • au sein de l’établissement qui l’héberge, un refus de rencontrer l’interprète, un mauvais entretien de l’appartement que la famille occupe, le stationnement devant l’immeuble de plusieurs véhicules hors d’usage lui appartenant, des insultes adressées à l’encontre de la directrice et des personnels sociaux ;
  • des absences répétées des enfants au sein des écoles et collèges qu’ils fréquentent ;
  • une absence de recherche sérieuse d’emploi alors que l’offre est, dans l’arrondissement de Pontarlier, réelle.

La mission rappelle pour sa part que la demande de M. DIBRANI de se voir reconnaître le statut de réfugié a été rejetée par trois fois dont une en appel, qu’il n’a pas respecté les mesures administratives prises à son encontre (2 obligations de quitter le territoire et une obligation de pointage), que tous ses recours devant les juridictions ont été rejetés.

Par ailleurs, selon les témoignages d’élus et de personnes qui l’ont accompagné depuis son arrivée à Levier :

  • M. DIBRANI n’a jamais donné suite aux propositions d’embauche qui lui étaient faites, et il ne cachait pas attendre le versement des prestations familiales qui suivraient sa régularisation pour assurer un revenu à sa famille ;
  • il n’a jamais présenté de permis de conduire alors qu’il se prétendait chauffeur de poids lourd ;
  • il a donné trois versions différentes des raisons pour lesquelles il ne pouvait pas produire de pièce d’identité.

L’un des élus, conseiller général, qui a suivi 5 familles de déboutés du droit d’asile, dont deux kosovares, a signalé que la famille DIBRANI était la seule qui ne s’était pas engagée dans un processus d’intégration, que l’ensemble des efforts fournis pour lui venir en aide avaient en définitive échoué. Il a également souligné l’absentéisme de certains enfants.

Selon les données recueillies par la mission, les absences de Léonarda au collège sont de 66 demi-journées en 6e, 31 en 5e, 78 en 4e et 21 ½ depuis le début de l’année scolaire actuelle.

L’un des professeurs de Léonarda rencontré par la mission a en revanche souligné sa volonté d’intégration et ses progrès.

Plusieurs témoignages, dont celui de la directrice du centre d’accueil où la famille résidait, ont fait état du défaut d’entretien du logement mis à disposition de la famille et des problèmes de voisinage qui en ont résulté. La famille a d’ailleurs laissé ce logement dans un état de dégradation avancée. D’importants travaux seront nécessaires avant que ce logement puisse de nouveau accueillir une famille de demandeurs d’asile ; les photos produite à la mission ne laissent pas de doute à ce sujet. Une procédure a en outre été établie auprès de la gendarmerie le 26 août 2013 pour différend de voisinage.

M.DIBRANI n’a pas hésité à user de menaces afin d’éviter d’être expulsé de cet appartement. Il a indiqué qu’il ferait exploser une bouteille de gaz devant l’ancien maire de Levier et un membre du réseau de défense des sans-papiers. Aux agents de l’office français d’immigration et d’intégration, qui lui proposaient une aide au retour (8500 €, la première fois ; 10 000 € une deuxième), il a annoncé qu’il tuerait sa famille s’il était expulsé.

M.DIBRANI a également été placé en garde à vue pour un cambriolage par la communauté de brigade de Saint-Vit le 14 octobre 2010. Il a aussi été mis en cause comme auteur dans un vol commis dans une déchetterie à Levier (communauté de brigade de Pontarlier).

Enfin, les filles aînées de M. et Mme DIBRANI ont été prises en charge par les services sociaux du conseil général après avoir fait état de violences exercées par leur père (placement en garde à vue pour violences sur mineur par ascendant à la communauté de brigade de Pontarlier le 15 janvier 2013), mais elles se sont ensuite rétractées. Selon l’avis d’un conseiller général, rester dans le foyer où elles avaient alors été placées aurait favorisé leur intégration, elles n’ont pas saisi cette chance.

Ce rapport avait été commandé, et signé de la main même de Manuel Valls, en ces termes :

Le ministre de l’Intérieur
à
Monsieur le chef de service de l’Inspection Générale de l’Administration

Objet : Modalités d’éloignement de Léonarda DIBRANI vers le KOSOVO, le 9 octobre 2013

Le 9 octobre 2013, les effectifs de la DDPAF du DOUBS et de la gendarmerie ont procédé à l’exécution d’office d’une mesure d’éloignement, prononcée en juin 2013 par le préfet du Doubs à l’encontre de Mme DIBRANI et de ses six enfants.

Dans le cadre de l’exécution de cette mesure, les forces de l’ordre ont pris en charge la jeune Léonarda DIBRANI pour La ramener auprès de sa famille alors qu’elle se rendait 21 une sortie scolaire.

Afin d’éclaircir les modalités d’intervention des forces de l’ordre et de préciser le déroulement exact des faits, je vous remercie de réaliser une mission d’inspection qui devra procéder à l’audition sur place de l’ensemble des intervenants concernés. Cette mission devra notamment établir si la procédure suivie a été conforme au droit applicable, aux règles de déontologie et aux bonnes pratiques.

Votre rapport devra m’être remis pour le 22 octobre prochain.

En bémol, peut-être instruit à charge, on pourra se demander comment ce rapport a été construit car bizarrement truffé de témoignages plutôt accablants vis-à-vis du père le Léonarda, comme s’il fallait valider par un blanc seing les actions mises en oeuvre par les autorités. Alors, objecitf ou subjectif ?

Par ailleurs, le site du JDD nous relate « Les mensonges du père de Leonarda » :

Pour obtenir plus facilement l’asile en France, le père de la famille expulsée la semaine dernière vers le Kosovo a reconnu avoir menti à plusieurs reprises aux autorités françaises. Reshat Dibrani serait le seul membre de la famille à être né dans ce pays, alors que ses enfants, dont Leonarda, sont en fait originaires d’Italie. Il a également admis avoir acheté un faux certificat de mariage à Paris.  

Leonarda ne serait en fait pas née au Kosovo, où la collégienne a été expulsée. C’est son père, Reshat Dibrani, qui a affirmé jeudi à l’AFP avoir menti aux autorités françaises sur les origines de sa famille. Seul lui est né dans ce petit pays qui a proclamé son indépendance de la Serbie en février 2008. Selon son récit, il aurait quitté le Kosovo avec sa famille à neuf ans pour l’Italie puis la France courant 2008. Sa compagne, Xhemaili, 41 ans, est quant à elle née en Italie, ainsi que cinq de leurs six enfants, dont Leonarda, la collégienne de 15 ans qui a été expulsée la semaine dernière lors d’un voyage scolaire. Le dernier enfant, Medina, âgée de 17 mois, est le seul enfant né en France, a souligné Reshat Dibrani.

Le père de famille a menti aux autorités françaises « pour avoir de meilleures chances d’obtenir l’asile » en France. Il a néanmoins précisé que lorsque sa famille a déposé les demandes d’asile, aucun de ses membres n’avait de papiers d’identité. « J’ai juste dit que nous étions du Kosovo », a-t-il dit. Il a ajouté avoir décidé de se rendre en France avec sa famille après avoir appris qu’ils pourraient « obtenir des papiers d’identité français au bout de dix ans ».

Un faux certificat de mariage

Reshat Dibrani a également admis que sa compagne n’était pas sa femme. Sur BFMTV, il expliquait jeudi soir avoir acheté un faux certificat de mariage, à Paris en 2011, pour 50 euros. Il a ainsi pu joindre à son dossier de demande d’asile ce document.

Un peu plus tôt, plusieurs sources proches du dossier rapportaient que le père de Leonarda a eu des démêlés avec la justice pour des violences sur ses filles et de petits larcins. Début 2013, une plainte pour violences sur ses enfants a été déposée contre Resat Dibrani par sa femme. L’homme de 47 ans était soupçonné de battre ses filles Leonarda, 15 ans, et Maria, 17 ans, selon ces sources.

On comprend peut-être désormais mieux pourquoi il était désormais sérieusement question de reconduire le père au Kosovo.

Maintenant, en était-il de même pour Léonarda ?

Viendrait-on d’apprendre que nous sommes dans un pays où les mineurs ne sont pas indépendants et doivent suivre leurs parents ? Certes, les enfants ne sont aucunement responsables des actes malveillants de leurs parents, mais ils en sont dépendants légalement malheureusement. Si les parents doivent quitter le territoire, il ne reste aux enfants qu’une seule alternative : les suivre, ou être placés sous la responsabilité d’une autorité responsable (foyer, famille d’adoption,…).

Intégrer le père qui ne veut pas s’intégrer ? Non. Intégrer la fille ? Malheureusement par les agissements du père, c’est « soit toute seule, soit non ».

Pourquoi ne puis-je m’empêcher de penser à cet article (« Boucle d’or chez les Roms ») ?

Entre quatre et six ans, Maria est une enfant blonde aux yeux et à la peau claire. En bonne santé, elle parle quelques mots de grec et le dialecte rom. Jusqu’à ce lundi, elle vivait, entourée d’un couple de Roms d’une quarantaine d’années qui la forçaient à mendier; ces derniers touchaient 2800 euros par mois en allocations familiales, ayant déclaré 14 enfants, dont 6 nés en moins de dix mois.

Des fois, il serait bon que chaque communauté s’occupe de laver son linge sale en famille plutôt que de la laisser entâcher sa réputation, la construire, ou la renforcer…

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