Touche pas à mon requin !

Se pose-t-on les bonnes questions ?

requin

Depuis quelques temps, l’on entend beaucoup parler d’attaques (de plus en plus fréquentes ?) de requins. Comme si cet animal était soudainement devenu plus dangereux, plus cruel, plus agressif.

Mais, en grand défenseur de la nature en général, et un peu scandalisé par cette information un peu trop gratuite et rapide à mon goût, je me demande : se pose-t-on les VRAIES questions ? Se demande-ton réellement le pourquoi de cette situation ? Ne serait-il au final qu’en train d’obéir à ce que l’homme lui a demandé de faire, indirectement ?

Ainsi, notamment, suite à 3 attaques de requins le long des plages ultra-touristiques et majestueuses d’Abu Dhabi, il a été demandé à un spécialiste comportemental des requins d’étudier s’il y avait des causes possibles provoquant ces récidives.

Son étude a montré que la simple recrudescence des requins eux-mêmes était due au fréquents allers et retours des bateaux cargo transportant des quantités de plus en plus importantes de carcasses de moutons à l’occasion de la fête du Ramadan. Ces carcasses devenant parfois avariées durant le transport, ces cargos ont pris l’habitude de jeter ces excédants avariés… par-dessus bord !

De fait, depuis, les requins l’ont compris.

De la même façon que l’on les attire en jetant de la viande saignante à la mer, ou que vous attirez n’importe quelle recrudescence d’animaux à un endroit en y laissant régulièrement de la nourriture (il suffit de voir des chats se multiplier sur une terrasse de restaurant où les gens leur laissent un peu de nourriture). Eh bien, les requins sont capables de faire comme les chats. Si vous savez qu’il y a régulièrement de la nourriture à un endroit, lorsque vous vous laissez guider par votre ventre, vous allez y faire un tour…

Bien évidemment, cela n’est peut-être pas la seule réponse, mais il faut de toute façon se poser la question : de où vient cette recrudescence ?

J’ai donc posé l’idée vers laquelle je penche le plus : le requin va là où il y a de la nourriture… et il y confond l’homme avec celle qu’il cherche.

D’ailleurs, je laisse à votre sagacité l’article suivant, issu de notre-planete.info :

Ces dernières années, les attaques imputées aux requins semblent s’être multipliées, comme en témoignent les nouvelles attaques de ces derniers jours. Recrudescence d’agressivité ? Réponse aux changements de leur écosystème ? Que faut-il en penser alors que de nombreuses espèces de requins sont maintenant au bord de l’extinction ?

Les requins sont apparus voilà 430 millions d’année et l’on dénombre actuellement 465 espèces de requins dont la taille varie entre 15 cm (sagre elfe) à 20 m (requin baleine). Si la grande majorité sont totalement inoffensifs, certains, attaquent parfois l’Homme, par méprise ou opportunisme.

Seules cinq espèces de requins sont qualifiées de dangereuses compte tenu de leur taille et de leur régime alimentaire : le requin tigre (Galeocerdo cuvieri), le requin blanc (Carcharodon carcharias), le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) le requin mako (Isurus oxyrinchus) et le requin longimane (Carcharhinus longimanus)(1).

Or, le nombre d’attaques recensées a plus que doublé depuis 1980. En effet, de 1980 à 1990 on comptait environ 42 attaques par an, de 1990 à 2000 environ 56, de 2000 à 2010 plus de 97 et l’année 2011 compte déjà 80 attaques(2).

Quelques attaques récentes

  • Le 19 septembre 2011, l’ancien champion de France de bodyboard Mathieu Schiller a été tué par un requin bouledogue de 4 mètres de long au large de la plage de Boucan-Canot, à Saint-Paul, sur l’île de la Réunion. La préfecture souligne dans un rapport du 24 septembre 2011 que « la concentration dans le temps et dans l’espace d’attaques de requins au large de Saint-Gilles est exceptionnelle et difficilement explicable ». Ce drame aurait engendré une véritable chasse aux requins.
  • Le 23 août 2011, un surfeur sud-africain est mort après avoir été attaqué par un requin au large de Plettenberg Bay, sur la côte sud de l’Afrique du Sud.
  • Mi-août 2011, deux hommes ont été agressés par des requins en vingt-quatre heures dans le territoire du Primorié (Extrême-Orient russe), le fait étonnant est qu’auparavant aucune attaque de ce prédateur n’avait été enregistrée dans cette région(3). « Chaque année, dans la seconde moitié de l’été des groupes de requins s’installent dans les eaux de la région de Khasanski (Primorié) où des milliers de salariés passent leurs vacances », a indiqué à RIA Novosti Alexandre Sokolovski, docteur en biologie, avant de souligner que dans le passé, ces prédateurs ne s’en prenaient pas aux baigneurs.
  • Sur la même période un jeune touriste anglais en lune de miel a été dévoré aux Seychelles. Cet événement tragique survient à l’endroit même où un Français avait perdu la vie deux semaines plus tôt.
  • En décembre 2010, plusieurs cas similaires ont été enregistrés à Charm el-Cheikh, en Egypte.

Les requins sont-ils devenus plus agressifs ?

Plusieurs hypothèses, qui peuvent être complémentaires, sont avancées pour expliquer cette recrudescence des attaques envers l’Homme :

  • Le nombre de touristes, de plagistes, de plongeurs et de surfeurs a considérablement augmenté sur les littoraux, multipliant les occasions de rencontre avec des requins. D’ordinaire craintifs, les requins ont pu s’habituer à la présence de l’Homme et devenir plus curieux. De plus, les surfeurs sont souvent confondus avec des tortues ou des phoques, des proies potentielles pour les requins.
  • L’explosion des loisirs à sensation forte comme le « baiting » et « shark feeding » qui consistent à appâter et nourrir les requins pour les voir au plus près. Ces pratiques restent très controversées car elles modifient sensiblement le comportement des requins qui s’aventurent ensuite davantage près des baigneurs. De plus, ces loisirs sont dangereux, surtout pour les requins qui peuvent être blessés par les cages et les bateaux. Par contre, elles permettent de maintenir, localement, les populations de grands requins, qui, vivants, acquièrent une valeur marchande plus importante que s’ils étaient pêchés(4).
  • L’augmentation de la température des eaux, conséquence du réchauffement climatique, qui entraîne le déplacement des requins vers le nord, en réaction à la migration de leurs proies. C’est une des causes évoquées par Konstantin Zgourovski, du WWF Russie, suite aux deux attaques recensées dans la région du Primorié.
  • La raréfaction des proies dans le milieu naturel des requins à cause de la surexploitation des fonds marins par la pêche. Les requins s’aventurent alors dans d’autres milieux pour trouver leur nourriture, indique Magdi al-Alwani, spécialiste égyptien de l’environnement(5).
  • L’attrait des requins pour les déchets alimentaires que nous rejetons directement dans la mer, un peu comme les ours qui fouillent dans les poubelles et les décharges.
  • Enfin, l’ère de l’information et de l’Internet facilite le recensement des attaques à travers le monde et il est tout à fait possible que le nombre d’attaque relevé soit plus exhaustif qu’auparavant.

Pendant que les experts s’interrogent sur les facteurs à l’origine de l’augmentation des attaques, retenons quelques règles pratiques pour les nageurs. Si vous voyez un requin, l’essentiel est de garder votre calme et d’éviter tout mouvement brusque. Au lieu de paniquer, il faut s’éloigner calmement du requin, en lui faisant face, voire en lui brandissant un objet dur qu’il puisse « goûter ». L’essentiel est de ne pas se positionner comme une victime potentielle : la fuite éperdue signifie au requin que vous êtes une proie ! Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde…

Les requins sont proches de l’extinction

Chaque année, de 30 à 70 millions de requins sont tués chaque année, principalement pour leurs ailerons (« shark finning »), très appréciés dans les soupes chinoises. Résultat : plus de vingt espèces de requins examinées par les spécialistes de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) sont aujourd’hui sérieusement menacées d’extinction. La pêche aux requins est particulièrement cruelle, destructrice pour les écosystèmes et de nombreuses autres espèces, tout en étant totalement disproportionnée et futile.

A ce titre, Shark Alliance, une coalition de plus de 100 organisations engagées dans la restauration et la protection des populations de requins, a lancé le 18 août 2011 une pétition qui appelle les ministres européens de la pêche à donner leur appui à la protection des requins face à la surexploitation et à renforcer de toute urgence le règlement de l’UE qui interdit le gaspillage consistant à pratiquer le shark finning (prélever les nageoires d’un requin et rejeter le reste de la carcasse en mer). En effet, la pêche au requin se poursuit sans connaître de limite dans l’UE : nombre d’espèces menacées demeurent sans protection et l’interdiction du finning dans l’UE n’est pas forcément bien respectée.

Rappelons enfin que les requins, aussi effrayants qu’ils puissent être (bien souvent à cause de l’image véhiculée par les films et les médias), contribuent, depuis plus de 400 millions d’années à l’équilibre de la chaine alimentaire et donc de nos précieux écosystèmes marins. N’oublions pas que nos peurs émanent de l’inconnu.

A vous de voir. Personnellement, je ne suis pas de ceux qui accusent les requins, mais de ceux qui accusent ceux qui ont provoqué cela.

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :