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C’est bête.

Je me sens idiot.

FamilleIdiot comme un adolescent qui se rebelle pour un rien… Ou du moins qui regarde en arrière pour voir qu’il s’est rebellé… pour rien. Comme si cela avait été par principe. Qui, sans vraiment le faire intentionnellement, s’entourait de gens qui l’éloignaient de ceux qu’il aimait, de ceux qui l’aimaient. Sa famille.

Parti de chez mes parents à 17 ans, pendant les 15 ans qui ont suivi, je me suis éloigné d’eux, en me complaisant dans des relations qui ne cherchaient pas à m’en rapprocher, voire des fois, le contraire. Je les ai perdues (ces 15 années) à la faveur de relations qui auraient dû naturellement m’ouvrir les yeux : si ta famille ne te rejette pas, ne rejette pas non plus ta famille.

Ces relations qui m’ont appris à désaimer ce qui doit être chéri : le noyau.

Pourquoi ? Alors que j’avais tout pour moi ? Cette famille qui m’adorait, et qui ne cessait de répéter :

Rien ne doit être plus précieux que les enfants. Ils n’ont pas demandé à venir au monde. Peut-être même ne demanderaient-ils qu’à retourner là d’où ils sont venus s’ils savaient qu’ils pouvaient être maltraités. On ne doit pas leur faire porter le poids de leur venue au monde…

J’avais cette chance. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir gâché 15 ans d’une relation magnifique… En en privilégiant d’autres, de fait, bien plus superficielles.

Aujourd’hui, je me sens idiot. Malgré ces 10 dernières années qui m’ont enfin permis de renouer ce lien, j’ai l’impression que tout est allé trop vite, et que, maintenant, le temps et les faits me rattrapent.

Il y a tant de familles qui se défont par le décés trop soudain d’un élément les composant, tant d’enfants qui se font rejeter par leurs parents… Je n’avais rien de tout cela. Aujourd’hui, je l’ai gâché.

Et je suis là… Comme un idiot… En ce jour de fête, en ces moments qui devraient être de joie. A le regarder, et à regretter.

Comment on peut se sentir bête quand on se retrouve à dire cette phrase idiote : « Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour reculer le temps et passer de nouveau plein de merveilleux moments avec vous ? »… Mais bien évidemment, c’est trop tard.

09H24 Il ouvre les yeux
Légers spasmes qui le parcourent
Un léger râle sort de sa bouche ouverte
Le râle s’arrête, puis revient légèrement plus fort, puis s’arrête de nouveau.
09H26 On dirait qu’il ronfle de la bouche, les yeux mi-clos
Si je me mets face à lui, il regarde dans le vide.
09H36 Je me rassois. je lui ai tenu la main, qu’il a serrée.
Un petit râle s’échappe de sa bouche
Un petit soubresaut. Il bouge son bras pour se gratter le torse avec l’ongle de son pouce.
Il repart dans un léger coma, le regard dans le vide
Paupières mi-closes, petites pupilles.
09H42 Une infirmière vient doucement lui faire une petite piqûre de morphine dans le bras. Ca lui fait un peu mal. L’infirmière dit qu’il est mieux qu’hier, il ne savait même pas bouger son bras droit alors qu’il a passé sa nuit à se gratter le nez, le crâne, la joue, l’oreille.
09H47 Il semble reparti dans un léger sommeil, le front un peu plissé quand-même, la bouche ouverte.
09H49 C’est calme.
Il repart dans un léger ronflement par la bouche ouverte.
Quelques légers soubresauts, comme des petits tics nerveux, ou de légers spasmes.
09H50 C’est calme dans la chambre. On n’entend que le ronronnement du matelas à air, comme le bruit sourd d’un réfrigérateur.
Légers soubresauts.
09H53 Il tousse, se tortille, fait des mouvements comme si son épaule gauche lui faisait un peu mal.
Il a rouvert les yeux et s’est gratté l’oreille.
10H10 Je me suis levé pour me mettre en face de lui et lui tenir la main. On dirait qu’il a tenté de me regarder.
10H16 Le docteur est passé. Elle dit qu’il réagit mieux qu’hier.
Mais l’insuffisance rénale n’est pas rassurante. On va tenter de lui redonner de la Dépakine liquide par éviter les soubresauts épileptiques. Elle tente de lui toucher l’aine gauche ou droite même très légèrement : il réagit avec douleur. Elle ne sait pas si c’est une réaction due à une réelle douleur ou si c’est simplement une réaction due au toucher. Elle repart.
10H19 Il lève son bras droit presque à la verticale, doucement, en tremblotant, puis le replie doucement pour se gratter l’oreille.
Il a encore ces soubresauts qualifiés d' »épileptiques » par le docteur.
Je lui prends la main. Il semble tourner les yeux légèrement vers moi, inquiet, puis son regard retourne dans le vide.
10H25 Je me rassois.
10H26 C’est calme.
Légers ronflements par la bouche les yeux fermés.
10H32 On vient lui faire sa toilette. Je sors.
« Bonjour Monsieur. On vient vous faire votre toilette. Ne vous inquiétez pas. On va vous laver. »
J’entends quelques râles, mais c’est vraiment très léger.
Il semble y avoir quelques sursauts de douleur.
« Ne vous inquiétez pas. Je vous lave. »
Une seconde infirmière rentre, et ferme la porte. J’entends de nouveau quelques sursauts de douleur agrémentés de « Aïe ». Certainement doivent-elle le pivoter un peu pour le laver.
« Ca y est. N’ayez pas peur. Vous ne tomberez pas. Je vous tiens bien. »
Il y a quelques « Aïe » et on dirait qu’il parle un peu.
Je n’entends plus grand chose de notable.
10H52 La toilette est finie. Je peux de nouveau rentrer dans la chambre.
La première chose que je fais est de me placer devant lui et de lui prendre la main. Pas vraiment de réaction.
Je me rassois à côté de lui.

Moi qui étais censé chérir ma famille. Comme je le disais il y a 6 ans (27/06/2006), « Ta famille sera toujours ta famille. », mais il ne faut pas attendre qu’elle ne soit plus là.

Moi qui prône tant le respect, surtout le respect de la famille (20/02/2011), l’ai-je vraiment respectée pendant ces 15 années.

Moi qui me permettais de rire quand j’apprenais qu’un de mes cousins avait repris contact avec ses parents 17 ans après les avoir reniés (sans vraiment de raison), simplement parce que sa fille de 8 ans lui a dit « Comment se fait-il que tout le monde a une grande famille et pas moi ? »… Qui suis-je au fond pour le juger ? « Ta famille restera toujours ta famille », que tu le veuilles ou non…

M. Calogero, quelle bêtise de chanter « On n’est riche que de ses amis ! » alors que vous venez d’être papa pour la seconde fois. Que direz-vous à votre Romy le jour où elle vous dira :

Papa, pourquoi tu disais que tu n’es riche que de tes amis ? Et moi, tu n’es pas riche de m’avoir ?

Préférez donc cette phrase que j’adore :

Riche est l’homme qui peut asseoir tous ses enfants à sa table.

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  1. 04/11/2012 à 23:46

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